jeudi 22 octobre 2009

UNE SOIRÉE PARFAITE... (OU PRESQUE)

C’est avec un plaisir non dissimulé que je me suis assise tout en haut des gradins afin d’assister à l’évènement dont tout le Sanctum parlait… La grande joute de combattant pour la fameuse récompense finale, l’obtention de la main d’Esme. Demoiselle très riche selon les dires de certains… Vieille fille ne sachant plus trop comment obtenir un homme, selon d’autres. C’est dans ce contexte que je me trouvais. Entres mâles en sueur, débordant de testostérone et femelles toutes émoustillées voyant ces derniers frapper leurs armes dans un bruit métallique des plus assourdissant. Les combattants se succédèrent. Il faut reconnaitre que les combats étaient tout de même très prenant et l’énergie dépensée laissait présager une issue terrible.

Mais, notons le, les combats d’arène rapprochent. Nous observons donc, une jeune demoiselle aux cheveux blanc, à la limite argenté et son fidèle compagnon, un imposant guerrier, assez grand et costaud, qui, pour cacher ce qui doit être un déplaisant visage, était constamment masqué à l’aide d’un casque. Ces deux tourtereaux nous font la danse nuptiale du paon. Je m’explique. Deux points, ouvrez les guillemets « Il s’approche d’elle, il la regarde fixement dans les yeux, tel un prédateur. Elle aussi, prise dans le jeu, se recule, papillonne un instant des yeux. La biche sent que l’étau se resserre, mais ce n’est qu’à son plus grand plaisir ! » Ce petit tour de passe passe va durer un petit moment ce qui me plait énormément, le temps que les combattants suivants arrivent. Mais à force d’avancer et de reculer, comment vous voulez qu’il finisse par l’e… L’embrasser bien sûr.

Les combats s’enchainent mais ne se ressemblent pas, mais je n’y prête pas trop attention. La violence ne me plait pas particulièrement, sauf dans certaines occasions, mais c’est autre chose encore. J’étais en train de me siroter un petit jus de Méla, c’est fou ce que c’est bon cette chose là. Surtout que si vous mettez une petite dose de citron en plus et beaucoup de vodka, vous avez un cocktail détonnant… Mais bon, je m’égare un peu. Donc je sirotais ce fabuleux cocktail quand je vis un homme, plutôt bien bâtit, masqué, lui aussi… Décidément. Il était rasé… Oui c’est ce que dise les chauves quand ils sont complexés en fait. Petite astuce à deux kinahs, prenez note. Donc cet homme qui tournait autour d’une jeune femme accompagnée d’une petite fille, faisait le coup classique du, connu de tous les hommes les plus expérimentés, « je parle à la petite fille pour mieux appâter la môman ! » Non, ne riez pas mesdames, c’est vrai… Ridicule, peut-être ! Mais vrai !

Le dernier combat est enfin terminé, nous connaissons le gagnant… Enfin, nous connaissons surtout l’apparence qu’il a, il est également équipé d’un sacré casque et ne l’ôtera même pas pour saluer Esme. A noter la présence d’une charmante compétitrice à ce tournoi. Comme quoi, il ne faut pas en avoir dans le caleçon pour faire preuve de courage… Petite pensée à ce monsieur qu’on surnomme « Corbeau », qui a eu l’honneur de perdre face à elle. Son nom fait bien plus peur que ce qu’il a su développer dans l’arène.

Nous voila tous partis en direction du cabaret de la sulfureuse Solae. Un cloaque à fille pour certains, un endroit où on peut débrider ses mœurs à l’abris des regards. Esme se posa sur le comptoir. Je m’attendais à la voir se débrider un peu, une petite danse, un strip tease peut-être ?! Mais non, elle finira par s’assoir calmement. Elle était aussi rigide qu’une entrejambe d’un homme après avoir passé vingt ans sans voir une femme. La seconde partie de la joute commença. Mais celle-ci était verbale, beaucoup plus à mon goût… Mais rien de bien folichon à vrai dire, manque de répartie, manque d’imagination flagrante… Bref, je ne m’attardais plus trop sur les prétendants mais sur la même demoiselle accompagnée de la petite fille. Elle avait du troquer son camarade à tonsure dégarnie pour un homme âgé, au vu des cheveux blanc et de sa démarche chaloupée tellement propre aux petits vieux qui ne tarderont pas à rejoindre le cimetière des éléphants. Un très beau tableau, je dois dire tout de même. Il passa sa main dans les cheveux de la petite, chuchota quelques mots à la maman. Pendant un court instant, je me suis dit que c’était peut-être le papa de cette petite ! Mais voyons, cet homme avait l’air d’avoir l’âge pour être deux fois son grand père. Un amant surement… Beurk, je croyais que la nécrophilie était interdite par des lois au Sanctum. Ou est donc le papa ? Je me pencherais sur ce cas la prochaine fois.

La soirée se termina avec la victoire pour le guerrier de l’arène, qui a gagné également la joute verbale. Esme et son gagnant s’en allèrent main dans la main jusqu'au bateau les ramenant dans le centre du Sanctum. Espérons qu’il ait la délicatesse de retirer son armure et son arme pendant la folle nuit qu’ils vont passer… Je n’ose imaginer si par inadvertance, il saisit son épée au lieu de son propre bâton… Ou brindille… Au choix. Cela risque de lui faire tout drôle à notre Esme… Mais qui sait… Ca pourra peut-être la décoincer… Tout dépend de quel côté on saisit l’arme hein ! Des femmes n’ont jamais regoûté à des hommes après une telle expérience !



LA GAZETTE DU SANCTUM

Jenya Leph'road

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