L'ARGENT VOLATISÉ
Nous avons reçu plusieurs messages de consternation à propos d’un braquage de fonds destinés à l’orphelinat du Sanctum. Pour tout replacer dans son contexte, tout s’est déroulé lors d’une soirée caritative organisée par Ebereth dans sa taverne. Le thème, la vente de mâle aux enchères. Un moyen déguisé d’assouvir ses pulsions, pour notre chère Ebereth, avec comme excuse le côté bonne samaritaine. Une somme astronomique fut amassée au vu de la qualité proposée… Un comble.
Notamment le million dépassé pour Telumendil, les mauvaises langues disent qu’ils étaient inspirés par un fort sentiment de pitié à son égard. Par ailleurs, nous avons atteint plusieurs millions pour Jyllian, le compagnon de passage de Solae. Les mêmes mauvaises langues disent qu’elle lui aurait acheté un collier et une laisse pour le garder près d’elle. A la fin de cette soirée, les fonds ont été stockés.
Ce n’est que le lendemain qu’une organisation de transport de fonds du Sanctum est venue chercher ces derniers. Il y avait à leur tête, un homme à la tonsure bien garnie, répondant au nom de Farekk. Il semblerait, aux dires de ce dernier, qu’il y ait eu une attaque surprise sur les transporteurs de fonds. Tous trouvèrent la mort, sauf Farekk, qui aurait réussi à s’en tirer avec plusieurs hématomes, contusions et autres blessures. Il avait également pu sauver une partie de l’argent. Certains crient au complot du Cabaret, d’autres annoncent une pure coïncidence…
Les habitants du Sanctum témoignent :
« Bah, moi j’vais vous dire, j’ai entendu un grand bordel sous un pont, j’me suis penché par ma f’nêtre ! Et la « paf » j’vois un gars qui tente de fuir tout en se tenant les côtes avec un sac à la main. Il avait l’air hagard ! »
Une femme hystérique
« Laissez-moi !!! Mais laissez-moi !! Je ne veux pas de soucis avec eux !! »
Un habitant visiblement apeuré
« Moi j’dis que tout cela ne serait pas arrivé si il avait acheté l’un des mes boucliers ! Et oui messieurs dames ! Ce bouclier volé à un Balaur ! Oui, un Balaur ! Il vous défend contre tout ! Approchez ! Si ce Farekk l’avait eu, on ne lui aurait pas volé l’argent ! Approchez ! »
Un vendeur d’armes et armures
Cette histoire à fait des émules, et certains se sentent l’âme d’un détective en herbe ! Mais gageons que personne ne pourra arriver à la cheville de la Daeva de l’excrément, notre chère Fahra, qui prend déjà à bras le corps cette affaire ! Souhaitons-lui bon courage pour résoudre cette dernière.
Info de dernière minute : Un don de neuf millions de kinahs à l’attention de l’orphelinat du Sanctum aurait été fait récemment.
CONCOURS DE POÈMES
C’est lors d’une soirée riche en poèmes que nous avons découvert le vainqueur de cette épreuve. Composée de sept participants et de quatre membres du jury, l’épreuve était plus que disputée. Ptitfleur récolta suffisamment de suffrage pour prendre la tête. A suivre, son poème :
C'est l'histoire d'un petit oiseau,
Qui volait par-dessus les arbres hauts,
Il montait de plus en plus vers les cieux,
Mais tout d'un coup le temps devenu pluvieux,
Il se battait, repoussé par le violent vent,
Il remuait ses petites ailes très rapidement.
La pluie commença à tomber a grosses gouttes,
Et le petit oiseau, épuisé, tomba près de la route,
Toute trempée, je m'approchais de lui,
Je couru, esquivant les mares de pluie,
Par chance, il était tombé sur un buisson,
Lui évitant, à coup sûr une mort à la con.
Moralité :
Certains sentent la pluie à l'avance,
d'autres se contentent d'être mouillés.
Soyez attentif si vous devez voler,
la chute peut être terrible sans chance.
Nous noterons également la participation de poètes hors concours… Cependant l’un des poèmes à semble t’il retenu l’attention des spectateurs. Les rumeurs disent que ce dernier était destiné à la très délicate personne aux cheveux délavés répondant au nom de Fahra. Voici les quelques lignes du scandale :
Je serai l'accident, sur le bord de ta route
La larme du poison cachée entre les gouttes
Le joueur de pipeau, qui fait danser les serpents
Je serai le sable qui s'accroche à ta peau
Tourne autour de ton âme c'est moi le torero
Qui remue dans la plaie, je serai le couteau
Rien ne sert de t'enfuir, je te rattraperai
Même en haut de ton empire, je viendrai te chercher
Au royaume du sombre, de la rue et des rats
Je serai comme un ombre à chacun de tes pas
Comme une maladie, qui frappe et qui s'en va
Tu peux faire ta prière, j'ai fini de jouer
Viens voir dans le désert, tes mirages éclater
Pour tout le mal, que tu m'as fait...
Pour tout le mal, que je te ferai...
Il semblerait que notre chère Fahra ne s’est pas faite que des amis à force de fouiller dans les excréments des concitoyens du Sanctum. Nous espérons, cependant, qu’elle ne se réveillera pas avec une tête de Shugo dans son lit et nous lui souhaitons bon courage dans sa quête.
Nul ne peut rester sans savoir que notre chère ville abrite deux tavernes. L’une située sur la Route Divine, et portant le même nom, où la propriétaire se nomme Ebereth. Charmante demoiselle, plus souvent en train de planer que les pieds au sol. De l’autre côté de la ville, à l’ouest, se trouve le Cabaret de Dionysia. La tenancière, une femme de vertu plutôt légère, comme ses tenues d’ailleurs, se nomme Solae. C’est dans un contexte « interview question/réponse » que je me lance dans l’arène, face à ses deux femmes, prêtes à en découdre l’une contre l’autre… Quand sexe, alcool et drogue sont les maitres mots !
(NB : Ebereth = rouge, Solae = rose, Jenya = bleu)
Avant tout, merci de vous prêter à ce petit jeu de questions afin d’en savoir plus sur vous et votre taverne. Certaines questions seront les mêmes pour les deux et d’autres plus personnalisées.
Présentez-nous votre taverne, votre arrivée dans cette dernière.
Ah...
Bien. Le cabaret est un lieu de spectacle ouvert tous les mardis soirs. Nous y présentons de la danse ainsi que des contes ou des spectacles pyrotechniques donnés par la Compagnie de l’Ours bleu. J’ai ouvert cet endroit il y a peu. Mais le projet avait germé dans ma tête depuis bien longtemps. Quand la taverne a été mise en vente, j’ai sauté sur l’occasion et j’en suis ravie.
Ebereth, vous aviez à une époque un serveur, Telumendil, il me semble. Il s’est volatilisé aujourd’hui. Certains disent qu’il mange les pissenlits par la racine, d’autres qu’il aurait eu une liaison avec une shugo et n’assumerait pas et enfin, il serait devenu larbin des Asmodiens. Quel est la vraie vérité à cette histoire ?
Avec Telumendil, la vérité nue et pure s'efface toujours sous une tempête d'histoires excentriques. Pour tout vous dire, j'ignore ce qu'il est devenu. La dernière fois que je l'ai vu, il semblait avoir repris l'auberge de Théobomos, qui peut prévoit ce qu'il fera demain...? Malgré nos différents, je dois dire qu'il a été un véritable souffle de vie sur la taverne de la Route Divine.
Solae, vous êtes entourée plus de gardes du corps que de serveurs, dans votre cabaret. Vous avez des raisons de penser que vous risquez quelque chose ? Un moyen détourné d’avoir encore plus de monde à vos pieds ?
Tenir un cabaret n’est pas de tout repos. Sous l’effet de l’alcool, certains clients ont tendance à devenir agressif ou à avoir une attitude déplacée envers nos danseuses. C’est un fait que je ne peux tolérer voulant donner une image respectable de mon établissement. Et puis certains membres chargés de la sécurité font aussi double emploi comme barman.
Solae, que pouvez-vous nous dire au sujet des fonds volés de l’orphelinat ? Certains pointent du doigt votre cabaret. Que souhaitez-vous répondre à ces accusations ?
Je crois que vous êtes mal informée ma chère. Mais je vous pardonne. Dame Fahra ne semble pas porter le même avis que ces gens que vous citez à l’encontre du cabaret. Et je suis sure qu’elle saura trouver les coupables au plus vite afin que ces pauvres orphelins puissent bénéficier de cette modeste attention.
Il y aurait une guerre froide entre vous, l’une chercherait à piquer les clients de l’autre et vice versa. Pouvez-vous nous en dire plus ?
*suit les propos d’Ebereth l’air d’acquiescer* En effet, il n’y a aucune rivalité entre Ebereth et moi. Comme elle l’a si justement soulignée, nos deux endroits sont totalement différents. Et j’apprécie énormément les soirées que je passe dans son établissement. Le cabaret est un lieu de spectacle ponctuel tandis que la taverne de la route divine est un lieu qui permet aux citoyens de Sanctum ou aux voyageurs de se retrouver de manière quotidienne.
Ebereth, quels sont vos fournisseurs ? Il me semble qu’il y avait un alcool asmodien chez vous. Il a disparu en même temps que votre serveur. Curieux non ? Cautionnez-vous ce genre de vente ?
J'ai un temps acheté des bouteilles provenant de cargaisons shugo, et n'ait sut que par Fahra qu'elles étaient d'origine asmodéennes. Je regrette profondément cet incident, parce que mon établissement est désormais sous le coup de soupçons injustifiés, et pourtant tellement compréhensibles...j'ai immédiatement retiré ces bouteilles de la vente et ne me fournis plus qu'en alcools connus. Telumendil avait apporté plusieurs de ses bouteilles, comme la fameuse Fée Verte dont j'ignore la provenance. Dans le doute, je continue de les servir jusqu'à épuisement, puisque de toutes façons j'ignore comment me les procurer. Mais si les autorité le demandent, je les retirerai bien évidemment de la vente.
Depuis un certains moment, une soit disant inquisitrice, sous le nom de Fahra, traine dans notre cité. Pensez-vous que cela peut nuire à la clientèle se sentant scrutée ? Quelle relation avez-vous avec cette personne ?
Dame Fahra fait un travail absolument remarquable mais ingrat, et je la plains de devoir endosser des quolibets dépréciateurs comme « inquisitrice » ou « bourreau ». Je lui ais totalement ouvert mon établissement afin qu'elle puisse se livrer aux investigations qu'elle jugeait nécessaires. Je pense que la clientèle saura apprécier à sa juste valeur le travail de cette digne femme et ne s'offensera pas de sa présence. Seuls ceux dont la présence n'est pas souhaitable dans un établissement respectable devraient se sentir gênés. A titre personnel je trouve la femme charmante ; sous ses dehors froids semblent se cacher des trésors de bonté et de douceur. Je l'ai déjà vue prendre soin d'une enfant avec autant d'amour qu'une mère.
Dame Fahra fait son travail avec beaucoup de zèle. Elle a le droit de profiter de sa vie privée notamment avec son nouveau fiancé. Ebereth a raison de souligner que seuls les gens qui pourraient se sentir visés par ses enquêtes, devraient ne pas être toléré dans nos établissements.
Une fois de plus, je tiens à souligner que le cabaret n’a pas pour but d’héberger l’indécence ou la délinquance. Dame Fahra a donc tout à fait sa place parmi mes clients.
Ebereth, êtes-vous d’accord pour affirmer qu’il est forcément nécessaire d’avoir des mœurs légères pour tenir le Cabaret de Dionysia ? D’ailleurs, en parlant de cela, on vous voit souvent entourée de mâle… Une vocation ? Une manière détournée de faire de l’ombre au Cabaret ?
Solae, êtes-vous d’accord pour affirmer qu’il est plus efficace d’avoir l’apparence d’une femme fragile, dans la lune et qui n’a pas l’air de toucher à ça pour draguer plus facilement des hommes ? Pensez-vous que cette tactique portera les fruits escomptés d’Ebereth ? Certaines mauvaises langues disent qu’Ebereth voit ses cheveux devenir plus blanc chaque jour car elle est consumée par l’aigreur de ne connaitre que très très peu d’amant… Certains même disent qu’elle picorerait de l’autre bord... Quand pensez-vous ?
*fixe un instant la journaliste interloquée* Ebereth et moi ne sommes pas proches même si avec le temps nous commençons à nous connaitre bien mieux. Cependant, je trouve vos propos insultant à son égard. Ceux qui la connaissent sauront que votre question est complètement hors de propos.
Parlez-nous de vos soirées à thème et de vos futurs projets.
La taverne de la Route Divine vogue désormais sur des flots paisibles, les gens s'y retrouvent avec régularité. J'ai pour habitude de lancer des soirées à thème avec très peu de préparation, donc pour tous vous avouer je n'ai aucune idée du thème de la prochaine. Je caresse cependant l'idée de mettre en jeu une rixe...
En dehors de la taverne j'espère mettre en place une nouvelle affaire portant sur des œuvres d'art tout particulièrement, et sur des curiosités en général. Plume d'Asmodien, écaille de Balaur, crinière de Béhémoth, toute commande qu'elle qu'elle soit sera honorée par vos serviteurs. Le projet avance et je recherche des partenaires, sans doute sera t'il mit en place dans les prochaines semaines.
Le cabaret voit ses mardis connaître un franc succès et j’en suis ravie. Nous continuerons dans cette voie essayant de proposer à nos clients originalité et détente. D’ailleurs, mardi soir, j’invite tous les citoyens de Sanctum à venir, déguisés ou non, fêter avec nous la fin de la fête de la moisson en compagnie de toute mon équipe.
Autre chose à rajouter ?
Ma foi, si vous n'avez plus de questions sur mes fréquentations masculines ou sur mon trafic d'alcool, non, rien à ajouter
Je n’ai rien à ajouter. Je suis impatiente de découvrir votre journal et son contenu. J’espère également que vous nous retracerez un jour votre parcours personnel puisque celui des autres vous intéresse tant.
Interview réalisée par Jenya Leph’Road
L'EXPÉDITION !
La gazette va toujours plus loin dans l’innovation et le défi physique mais surtout mental. Pour ce deuxième numéro, je me suis rendue auprès des Révolutionnaires Léphariste. Personnes très controversées par notre chère capitale mais tellement difficiles à cerner également. C’est après un long périple à travers la forêt, yeux bandés, que je suis enfin arrivée. Le cadre est quasiment idyllique… Lac… Arbres et arbustes feuillues… Huttes et feux de camps… Une vie plus que sommaire. Les regards se posent évidemment sur ma personne. On me dévisage, les gens chuchotent, mais je ne perds pas mon sang-froid, j’essaye de faire bonne figure tout de même. On m’explique que je pourrais interviewer l’un des lieutenants de cette organisation. On m’indique également que je ne pourrais pas prendre de shugophoto de lui. On me fait patienter dans une des huttes. L’intérieur est tout aussi sommaire. On peut apercevoir une étagère sur la droite, en entrant, bondée de livres. Des ouvrages parlant de la fracture sociale du Sanctum, comment organiser une rébellion face à une armée majoritaire… Je porte mon regard sur ma gauche. J’aperçois au mur plusieurs tableaux, des portraits de personne seule et de groupe. Au fond de cette hutte se trouve un bureau assez rustique où de multiples pages volantes trouvent leurs places. Un bruit de pas lourd se fait entendre derrière moi alors que j’ai quelques unes de ces pages dans mes mains… Je me retourne… Il est la… Il m’observe camouflé par sa cagoule. Il est grand, imposant. Je ne vois que ses yeux d’un noir transperçant. Je lâche les feuilles d’un coup. Il m’indique de prendre place autour du feu, au centre, sur l’un des tapis. Je m’exécute… L’interview peut commencer :
Jenya : Bonjour, avant tout, comment dois-je vous appeler ? Lieutenant ?
Lieutenant : Vous pouvez m’appeler effectivement Lieutenant, c’est mon grade, j’ai également un surnom de combat, qui est « Tepko ».
J : Un surnom ? Pourquoi porter un surnom et à quelle fin ?
L : Dans notre organisation, nous ne nous appelons pas par notre nom mais par des surnoms. Toutes les personnes que vous avez croisées, portent un surnom. C’est un moyen de ne pas divulguer nos noms aux, soit disant, autorités du Sanctum. Quand une personne rejoint nos rangs, un surnom lui est assigné. Il ne doit pas divulguer son vrai nom aux autres membres de l’organisation. Prenez un exemple, un de nos combattants est arrêté puis emmené dans les geôles du Sanctum. S’il connait nos vrais noms, il y a de forte chance qu’il remonte aussi tôt à nous et à nos diverses positions. Un homme qui est questionné, battu, voir même torturé peut tout dire. Un homme qui ne sait rien n’a que d’autre moyen que d’inventer des histoires pour s’en sortir.
J : C’est tout même horrible comme méthode…
L : Qu’es-ce qui est horrible ? Protéger nos arrières en ne donnant pas nos vrais noms ou ce que peuvent faire endurer les geôliers à leurs proies ? Je pense que nous n’avons que très peu de marge de manœuvre pour nous en sortir. Nous essayons de faire le maximum pour nos combattants, mais quand ces derniers sont capturés, nous devons penser aussi à ceux qui ne le sont pas.
J : Je reviens à votre grade, Lieutenant, c’est vous qui être le grand chef ici ?
L : Non, du tout, un Lieutenant dans nos systèmes de grade est une personne qui commande une colonne. Une colonne est une armée d’hommes rattachés à l’organisation. Il y a plusieurs colonnes et au dessus de toutes ces colonnes et de leurs lieutenants, se trouve le commandant. C’est lui qui dirige la totalité des troupes. Mais comme la masse de travail est immense, il délègue aux divers Lieutenants.
J : Je comprends. Combien d’homme avez-vous dans votre colonne, donc ?
L : Je préfère rester vague sur le sujet, on ne sait jamais qui lira ces quelques lignes, mais ce que je peux vous dire c’est que j’ai suffisamment d’homme pour faire plier une des forteresses expatriées du Sanctum.
J : Que revendiquez-vous et quel est votre but ?
L : Nous souhaitons indiquer avant tout, que nous ne nous reconnaissons pas dans ce que le Sanctum prône. Nous avons refusé le « don » qu’on nous a octroyé, à savoir être Daeva. Certains le sont, d’autres humains, tout simplement. Il y a une tentative de la part du Sanctum, de monopoliser le pouvoir, d’étrangler et de faire en sorte d’étouffer son peuple. L’étouffer à tel point qu’il ne puisse plus émettre de son ni réagir. Nous vivons en autarcie, non pas par choix, mais c’est une manière de montrer que nous ne sommes pas d’accord avec eux. Si vous vous promenez au Sanctum, cette ville respire la corruption, la loi du marché, la loi du plus fort en gros ! (il lève les bras et accentue les derniers mots). Il n’empêche que certaines personnes crèvent de faim. Ah ! L’immortalité vous allez me dire ! Mais les humains qui n’ont pas cette chance, c’est la mort assurée ! Nous prônons l’égalité entre tous et les mêmes droits. Nous avions demandé la possibilité de nous installer à Eltnen et vivre selon nos règles. Nous avons été traqués ! Cette fois nous ne demandons plus la possibilité de nous y installer, nous exigeons l’indépendance totale du territoire d’Eltnen aux Révolutionnaires Léphariste. Plus de compromis, nous la prendrons par la force ! L’Empire totalitaire du Sanctum se meurt, l’Empire totalitaire du Sanctum est mort, c’est avec cela qu’on le fait durer ; il s’agit de l’achever, et non de l’écouter râler ; il ne faut pas lui tâter le pouls, mais de lui sonner la dernière charge !
J : Cependant, moi qui suis assez souvent au Sanctum tout de même, de la propagande circule sur le fait que vous utilisez des méthodes assez mal vues. Que vous vous rabaissez à violer, tuer et torturer des personnes innocentes. Qu’avez-vous dire à cela ?
L : Comme vous le dites si bien, c’est de la propagande. Cette dernière sert à déstabiliser et décrédibiliser. Mais ce que ne sait pas faire cette propagande c’est prouver ce qu’elle avance. Nous n’avons pas dans nos rangs de violeur ni de personne qui abuse de leurs forces pour maltraiter les plus faibles. Sachez par ailleurs que même en temps de guérilla, quand nous faisons un prisonnier, nous le soignons si besoin comme l’un des nôtres et le relâchons. Quelques fois, il nous livre même des informations par lui-même.
J : Pourquoi relâcher des prisonniers après les avoir soignés ? C’est les mettre en meilleur condition d’attaque, non ?
L : Une personne qui est capturée, soignée et libérée, si elle est renvoyée au front, pensez-vous qu’elle va se battre avec autant d’ardeur que si elle pense qu’elle va y rester ? Je ne crois pas. Une personne qui va au combat en se disant que nos méthodes ne sont pas celles de sauvages, ne combat pas avec autant de rage et de férocité qu’une personne qui pense aller au casse pipe. Les combattants ennemis parlent entres eux et le message qu’ils divulguent sur nous porte et portera ces fruits.
J : Pensez-vous que cette entrevue pourra montrer une autre facette que celle qu’on nous montre habituellement ?
L : Nous ne sommes pas la pour être aimé, admiré ou détesté. Nous combattons pour ce que nous croyons être justes. Certains nous prédisent une défaite cinglante et si c’est le cas, nous ne laisserons pas démonter et nous combattrons encore plus ardemment. Mais, sachez, que nous croyons en notre victoire et nous nous battrons jusqu’à note dernier souffle pour cela.
J : Avez-vous quelque chose à rajouter, Lieutenant ?
L : Je tiens à vous remercier de nous avoir donné la possibilité de nous exprimer dans votre journal. Je voudrais conclure en disant que la misère ne doit pas disparaitre par l’extinction des malheureux, mais par la participation de tous à la vie et je rajouterais qu’ils pourront toujours frapper les hommes, ils n’éteindront pas l’idée, parce que l’idée survit à toute espèce de persécutions ! La victoire ou la mort !
Interview réalisée par Jenya Leph’Road
LA PLACE PUBLIQUE !
Contre la langue de bois, la gazette laisse un droit de parole aux citoyens dans cette rubrique !
Les gens bien.
Avez-vous remarqué dernièrement dans nos belles rues pavées, tout ces gens qui clament à qui veut l'entendre leurs idéaux de justice, d'égalité et de prospérité ? Peut-être avez-vous même pu surprendre de grands débats autour d'un verre entre deux quidams, qui de soies et de broderies vêtus parlent des pauvres ? Vous savez, ces gens biens.
Les modes vont et viennent dans notre grande cité, et il semblerait que la dévotion aux pauvres, aux démunis et aux humains soit le courant qui possède le vent en poupe désormais.
Tant mieux pour ces gens là devrions-nous dire. D'ailleurs, ces pauvres devraient se ruer dans les rues pour afficher leur misère ou leurs soucis, car avec toutes ces bonnes âmes qui rôdent et naviguent sur cette mode, ils pourraient peut-être changer leur vie ! Recevoir cette aide que certains espèrent tant ! Rien qu'une main tendue !
Étrangement, ce matin encore, les enfants sans foyer vagabondaient toujours dans les rues, fréquentaient des endroits parfois sordides, tandis que passent devant eux ces gens, nobles parés de leurs titres ou bien simples citoyens qui regardent souvent de l'autre côté du trottoir pour ne pas apercevoir les miséreux. C'est vrai, des fois que la pauvreté s'attrape comme une peste, et qu'elle emporte de précieuses et égoïstes économies.
Fort heureusement, nos précieux Daevas sont au delà de la maladie et de tout cela. C'est sans doute pour ça qu'ils passent eux aussi devant ces gens humbles, ou même devant des citoyens humains sans les considérer. Mais pour leur décharge, avouons qu'ils ont d'autres préoccupations, nos bienveillants daevas. Et oui, il y a constamment besoin d'approvisionner les différents fronts en chair fraîche, et les humains s'abîment si facilement...
Dommage, sincèrement que ces grandes phrases échangées, ces débats enflammées et ces serments tombent aussi vite dans l'oubli dès que leurs auteurs croisent ceux à qui ils les destinaient peu de temps auparavant. Mais la mémoire est capricieuse on le dit souvent, et ses caprices effacent les sourires et l'espoir de ces pauvres gens. Merci encore, à ces gens biens.
K.
Sanctum, la belle.
Ou parfois Sanctum la Rebelle.
Imaginez vous en allant savourer de bons alcools tomber sur une scène pittoresque en pleine taverne. Alors que vous laissez vos papilles être émoustillées par votre breuvage, vous entendez au coin du comptoir le serveur clamer la paix et la tolérance envers les Asmodiens.
Ni une ni deux, le breuvage menace de ressortir par les narines, et l'assemblée se fige, interdite et stupéfaite. Fort heureusement notre vaillant serveur, marin de son état me raconte t-on, renchérit, persiste et signe, avec fougue et panache. Et aussi quelques grammes d'inconscience. Etait-ce pour amadouer quelques donzelles ou bien était-il vraiment sérieux ?
Mais voilà aussitôt une furie blonde qui s'avance près du comptoir et qui congédie le rebelle sur un ton froid et impitoyable. S'en va alors notre marin désormais sans bouge où accoster une fois à terre, la tête haute et ses idées portées avec fierté.
Une chance qu'il ne s'attarda pas plus dans les lieux, quelques gardes passèrent peu de temps après et posèrent quelques questions. Sans doute l'œuvre une bonne âme pleine de bonnes intentions.
Il est une vérité immuable en temps de guerre, c'est que les idéaux de tolérance et de paix sont prompts à passer pour faiblesse voir trahison, avec le prix qu'on leur connaît. Espérons que ce matelot turbulent trouve d'autres courants plus sereins où ses idées pourraient s'exprimer librement, du moins là où il ne finirait pas en geôles.
Une rumeur anonyme nous est parvenue, la voici :
Une rumeur court sur le fait que le tavernier de la Route Divine tiendrait des propos pro-asmodiens sans tenir aucun compte de la position officielle du gouvernement. Pire, il insulte les gens qui le rappellent à l’ordre ainsi que l’ordre établi. La tenancière l’a renvoyé sur le champ, mais il y a fort à parier que l’ensemble de la taverne ait déjà été pourri par un sentiment de rébellion contre Sanctum même.
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